LA COMPAGNIE

© photo : Sergio Marchetti

© photo : I. Meister, Les Bricoleurs,1994

HISTORIQUE

Les années nomades : de La Bâtie à Vidy

Le Théâtre du Loup est une compagnie indépendante née en 1978 à Genève, où elle a créé depuis lors une cinquantaine de spectacles. Ce collectif à géométrie variable réunit, au gré de ses productions, des comédiens professionnels et des musiciens mais aussi parfois des amateurs passionnés ainsi que des enfants ou adolescents ayant suivi les ateliers et stages de la compagnie.

Le journaliste Gilles Anex le définit comme « … un groupe contrasté, voire composite, qui affirme néanmoins un style unique et une forte cohésion, grâce à quelques constantes : le savoir-faire talentueux, l’originalité des projets entrepris et une grande générosité à l’endroit du public. Générosité qui s’entend comme goût d’un théâtre festif, drôle, divertissant au bon sens du terme, mais aussi comme une haute exigence dans le travail. Fort de ces atouts, et tout en naviguant entre le professionnalisme et la précarité de toute structure de théâtre indépendant, le Théâtre du Loup accomplit un itinéraire tout sauf convenu, en abordant aussi bien le spectacle pour – et avec – enfants, les créations collectives, les spectacles musicaux, les adaptations de textes, les petites formes aussi bien que les grandes. » Dans les premières années le Loup se produit régulièrement dans le cadre du Festi- val de la Bâtie – dont il est parmi les membres fondateurs – ainsi que dans d’autre parcs de la ville, en plein air ou sous chapiteau, ou encore dans des théâtres comme la Cité Bleue, appelée à l’époque Salle Patinò. Peu à peu d’autres institu- tions lui ouvrent leurs portes : Saint Gervais et Grütli à Genève, Théâtre de Vidy à Lausanne.

… Il disait “Tu n’es pas vraiment fichu, tant qu’il te reste une bonne histoire, et quelqu’un à qui la raconter.”

A. Baricco, Novecento

Tournées et spectacles

Entre 1983 et 1987 le Loup est invité également au-delà de la région et plusieurs de ses spectacles – notamment Buddy & Flappo ou Krazy Kat – ont les honneurs des festivals : le Zürcher Theaterspektakel de Zürich, les Francophonies à Limoges, Polveriggi en Italie, la Quinzaine théâtrale de Quebec… sans oublier d’obscures salles omnisports des Ardennes belges, ni le Centre culturel suisse de Paris.

Mais le point culminant de cette première période nomade se situe dans la rade de Genève, au large des bains des Pâquis, avec Viva la musica, un ambitieux spectacle lacustre dans le cadre du 700e anniversaire de la Confédération helvétique. Nous sommes en 1991, le Loup a derrière lui 19 spectacles qui tous, sans exception, ont été accompagnés par des musiciens sur scène, produisant une musique composée ou arrangée par eux-mêmes.

C’est donc tout naturellement que la compagnie est associée à l’AMR (Association pour l’encouragement de la musique improvisée) pour la mise en eau de ce spectacle à dominante musicale, qui réunit quelques 75 musiciens entourés d’une quarantaine de figurants-nageurs, artificiers, sirènes, marins d’eau douce professionnels et autres cygnes et requins.

Gilles Anex en parlera comme d’un spectacle phare : « … dont on n’a sans doute pas assez relevé la poésie visuelle et l’audace de conception, bref la réussite dans un genre difficile réunissant des contraintes exceptionnelles : nombre de participants, prise en compte d’une partition musicale hétérogène et imposée, problèmes physiques de navigabilité des multiples embarcations, dont certaines improbables, qui sillonnaient la rade « costumées » des atours les plus insolites, météo, etc… Un spectacle autrement vivant que les grosses opérations conventionnelles dont nous a honoré le 700e. »

©, L'équipe du Loup, le 8 juin 1978 Photo Valett

© Le 8 juin 1978, fondation du Théâtre du Loup par Eric Jeanmonod, Véronique Berthet et Sandro Rossetti / Photo Valette

Construction du théâtre

L’année suivante, en 1992, la compagnie est invitée par Claude Stratz à se produire au Théâtre de la Comédie où elle présente trois spectacles dont Le retour de Krazy Kat, qui s’y verra attribuer le Prix romand du spectacle indépendant. Cette reconnaissance, qui s’accompagne d’un apport financier, donne le déclic pour imaginer le projet de construction d’une salle de théâtre : un espace d’architecture légère, fonctionnelle, économique, modulable (atelier ou salle de 200 places), où le Loup puisse aussi bien présenter des spectacles que les fabriquer et les répéter. Début 1993, les plans sont dessinés (Baillif et Loponte architectes) et la Ville de Genève met un terrain à disposition de la compagnie pour une période de cinq ans. Le metteur en scène Matthias Langhoff, qui apprécie le projet et le travail de la troupe, décide de participer pour moitié au financement de la construction, sans condition. Diverses associations, organismes et institutions, ainsi que les amis du Théâtre du Loup permettent de compléter la part manquante qui couvrira les frais de construction et d’équipement de ce nouveau bâtiment.

Par une bise glaciale, le dimanche 21 novembre 1993, cinq mois après le début des travaux, ce bâtiment du Théâtre du Loup est inauguré avec les tambours et trompettes de la Fanfare du même nom* (voir ci-après), et avec la présentation de deux spectacles récents de la troupe, Contes noirs, thé brûlant et Le bal perdu. On assiste aussi à la première projection d’un moyen-métrage d’Olga Baillif, Le Loup et les architectes, qui retrace cette construction éclair.

C’est le début d’une nouvelle ère pour la compagnie. Dégagée des aléas du nomadisme elle peut mettre plus d’énergie dans le volet purement artistique de ses spectacles, qui gagnent en qualité formelle. Le vaste plateau dont les dimensions généreuses, la lumière du jour et la situation de plain-pied constituent le seul vrai luxe du bâtiment, permet et suscite des productions plus ambitieuses scénographiquement parlant. Dans une forme de boutade ce bâtiment à été qualifié de « théâtre le moins cher de Suisse » et c’est vrai qu’au départ son équipement scénique est opérationnel mais limité au strict nécessaire. Il se verra complété au fil des années. Cette précarité fait qu’une certaine ingéniosité artisanale, qui a été jusqu’ici reconnue comme une des marques de fabrique du Loup, garde toute sa pertinence.

Nouvelles pistes

Le développement n’est pas seulement formel mais aussi thématique, bien que les deux soient amoureusement liés et que l’intimité de cette liaison soit un des fondement de la petite philosophie du Loup. Dans ces années on explore de nouvelles pistes, comme avec l’expérimental Jaune piano dont le crédo était de faire goûter une véritable création scénique de musique contemporaine à un large public et particulièrement à des enfants, dans la salle comme sur scène.

Par ailleurs et à côté de spectacles tous publics on ne se prive pas de chercher dans le répertoire plus théâtral ou littéraire quelques œuvres rares qui inspirent une forme de réflexion ludique et imaginative – Géographie d’un rêveur de chevaux de Sam Shepard en 2000 ou Zazie dans le métro de Raymond Queneau en 2002. Ou encore de s’essayer à de nouveaux registres tels le cabaret, avec Karl Valentin en 2006 et Boris Vian en 2016, ou des thématiques sociétales actuelles avec La petite reine (2013) ou Viande, morceaux choisis (2015),  toujours dans une optique de divertissement critique.

Une programmation à l’année

L’activité se développe également sur deux nouveaux axes dont le principal est la programmation d’une véritable saison théâtrale constituée d’une dizaine de spectacles ou manifestations de type festival, répartis sur une centaine de représentations et une moyenne de 13000 spectateurs par année.

Ces saisons comprennent une à trois productions du Loup – en création ou reprise -, l’accueil de quatre à six compagnies indépendantes locales, des collaborations avec d’autres institutions culturelles genevoises telles La Bâtie, l’ADC – Association pour la danse contemporaine, les Ateliers d’ethnomusicologie, le Théâtre de la Comédie,… ou encore l’accueil exceptionnel de spectacles coup de cœur d’au-delà la frontière.

L’autre pôle en fort développement depuis 1993 est le secteur des activités pédagogiques destinées aux enfants et adolescents dès 7 ans. Ces cours et stages suivis par une centaine d’élèves sont dispensés par un collège de comédiennes, mimes, conteurs ou plasticiennes qui gravitent autour de la compagnie. Cette petite école de théâtre représente un vivier d’enfants comédiens, aussi bien pour le Loup que pour les responsables de casting cinéma et télévision régionaux. Avec le développement des activités liées à cette nouvelle salle, le Loup s’affirme comme un des pôles du spectacle vivant à Genève, même si son statut d’indépendant et le volume de ses subventions le situent à la périphérie des six ou sept grosses institutions théâtrales à Genève.

Le corolaire de cette situation où le Loup s’installe dans son espace sur mesure est qu’il va moins tourner que par le passé. D’une part la gestion du lieu, comme les activités pédagogiques, captent une grande part de son énergie. De l’autre il y a le fait que les productions maison ne se privent pas d’utiliser le grand volume ou la polyvalence de la salle, ce qui les rend peu compatible avec une exploitation en d’autres lieux. Ceci n’a tout de même pas annulé toutes envies de tourner les spectacles maison. Depuis 1993, cinq d’entre eux ont pu être présentés hors les murs, dont  Parking Zone et sa bande de comédiens en herbe. Mais il se trouve que le Loup affectionne les productions avec distributions nombreuses avec  scénographies conséquentes et que dans son histoire récente ce sont plutôt celles-ci qui ont eu les faveurs du public : Novecento, Le géant de Zéralda, Zazie dans le métro, Le Bon Gros Géant… Mais elles sont malheureusement « insortables ». Une solution est parfois trouvée en déplaçant plutôt le public, de loin et par autocars entiers, comme ce fut le cas pour le spectacle Emois, Emois Emois en 2001. Alors régulièrement le Loup s’attaque à la quadrature du cercle, version théâtre : réussir un spectacle de petite forme qui plaise autant au public qu’aux directeurs de salles, afin de voyager durablement au-delà des rives de l’Arve.

La fanfare du Loup

Créée en 1978 comme une extension musicale du théâtre éponyme, la Fanfare du Loup est au départ un orchestre de rue réunissant musiciens professionnels et amateurs, principalement des cuivres, des anches et des percussions. Elle parade pour le plaisir et pour annoncer spectacles et manifestations culturelles. Elle se produit également comme orchestre de scène dans les spectacles du Loup puis d’autres compagnies, comme celle de Jean-Louis Hourdin dès 1991.
For d’une volonté de développer des activités plus concertantes et autonomes, les musiciens se regroupent en une association indépendante du Théâtre du Loup dès 1996. Depuis quelques années la Fanfare propose une saison de concerts, principalement à l’Alhambra de Genève mais il arrive aussi qu’elle se produise sur la scène du Loup. En 2008 elle se rebaptise, prenant le nom de Fanfareduloup Orchestra.

www.fanfareduloup-orchestra.ch

© Le collectif du Loup, en 1992 / Rossella Riccaboni, Eric Jeanmonod, Sandro Rossetti, François Berthet / photo Marc Vanappelghem

La Fanfare du Loup, 1982 © Jean-Pierre Landenberg

TOUS LES SPECTACLES

Tous les spectacles et productions du Théâtre du Loup

On n’est pas là pour se faire engueuler, Grand cabaret Boris Vian, création, Genève 2016
Viande, morceaux choisis, création d’après une idée de Thierry Jorand et Marcel Mühlestein, texte Corinne Müller, Genève 2015
Recherche éléphants, souplesse exigée, re-création d’après Russel Hoban, Genève 2014 et 2015
Les deux gentilshommes de Vérone, Shakespeare, Genève 2013, Sierre 2014
La petite reine, conception Eric Jeanmonod, Genève 2013
Motel Odyssée, librement inspiré d’Homère, Genève 2011
Yakich et Poupatchée, de Hanokh Levin, Genève 2011
La triste histoire de Marguerite qui jouait si bien du violon, d’après David Mackee, Genève 2010, Cernier 2011
Le bar sous la mer, d’après Stefano Benni, Genève 2010 et 2012
Le songe de Paul, Rossella Riccaboni, 2009
La disparition de Suzy Certitude, Corinne Müller / Isabelle Sbrissa / Eric Jeanmonod, 2008
Le bal rital, Collectif du Loup, 2008
Le bon gros géant, d’après Roald Dahl, Genève, 2007, 2008, 2012
Parking Zone, d’après Xavier Durringer, Genève, 2006, Romont, Fribourg, 2007
Le grand feu d’artifice – Kabaret Karl Valentin, de Karl Valentin, Genève, 2006
Je vais vous raconter une histoire de brigands…, d’après Allan Ahlbert et contes traditionnels, Genève, 2005
Building et re-Building, Rossella Riccaboni, Genève, 2004, 2005
Krazy Kat kome bak, d’après George Herriman, Genève, 2003
Fiesta, 25 ans du Loup, 2003
Zazie dans le métro, d’après Raymond Queneau, Genève, 2002, 2003
J’peux faire la princesse ?, Nathalie Athlan, Philippe Campiche et Collectif du Loup, Genève , 2001, 2002
Glamour toujours, grand bal masqué, 2001
Emois, émois, émois…, Dominic Noble et Rossella Riccaboni, Genève 2001
Géographie d’un rêveur de chevaux, Sam Shepard, Genève, 2000
Le géant de Zéralda et autres histoire, d’après Tomi Ungerer, Genève, 1999, 2000
La fête, 20 ans du Théâtre du Loup, 1998
Novecento, Alessandro Baricco, avec la Fanfare du Loup, Genève, 1998
Le Bourgeois gentilhomme, Molière, Genève, Ferney-Voltaire, 1997, 1998
Grand bal masqué, 1996
Au cœur de la forêt, d’après les frères Grimm, Genève, 1996
Grand bal masqué, 1995
Haut les masques, défilé-spectacle, avec la Fanfare du Loup, Genève, 1995
Jaune piano, Jacques Demierre et Collectif du Loup, Genève, 1995, 1996
Les bricoleurs, Eric Jeanmonod, librement inspiré de Haroldo Conti, Genève, 1994
Quartier libre, conception Sandro Rossetti, avec la Fanfare du Loup, La Chaux-de-Fonds, Genève, 1994, 1995
Contes noirs, thé brûlant, d’après Paul Bowles et Sadek Hedayat, Lausanne, Genève, 1993
Le bal perdu, conception collective, Fanfare et Théâtre du Loup, 1993, 1996, Genève, Zurich, Hollande, Lisbonne Expo’98, 1993, 1996, 1997, 1998
Le roi des enfants, d’après A. Cheng, Genève, 1992
Le retour de Krazy Kat, d’après George Herriman, Genève, Strasbourg, Annecy, Chambéry, 1992, 1993
La triste histoire de Marguerite qui jouait si bien du violon, d’après David Mackee, Genève, La Chaux-de-Fonds, Cernier, 1992, 1995, 2011
Viva la Musica, musique Le Coco, synopsis Eric Jeanmonod, en collaboration avec l’AMR, spectacle lacustre dans le cadre du 700e anniversaire de la Confédération helvétique, Genève, 1991
Recherche éléphants, souplesse exigée, d’après Russel Hoban, Genève, Lausanne, 1990, 1991, 1994
Petit hommage à Charlie Chaplin, conception collective, Fanfare et Théâtre du Loup, Genève, Corsier-sur-Vevey, Carouge, Zurich, 1989
Conférences aux antipodes, Jean-Marc Lovay, Genève, 1988
Happy Birthday to Loup, Eric Jeanmonod, Genève, 1988
Ozone Blues, Eric Jeanmonod, Genève, 1987
Caraïbes, Eric Jeanmonod, Genève, 1986
Histoire de Noël, François Berthet d’après Peter Schuman, Genève, 1985
Sotto la Scala, Rossella Riccaboni et Eric Jeanmonod, Les Sœurs Cha-cha, Rosso di Sera, Th. du Loup, Genève, 1985
Krazy Kat, d’après George Herriman, Genève, Suisse romande, Belgique, France, Canada, 1984, 1985, 1986, 1987
Série B ou l’affaire Livio Gelati, Eric Jeanmonod, Genève, Zurich, 1984
Roméo et Juliette, William Shakespeare, Genève, 1983
Buddy et Flappo brûlent les planches, d’après Gérald Poussin, Genève, Suisse romande, Suisse alémanique, Paris, Italie, 1982, 1983, 1986
Le Bouffron (nouvelle version), Nouvelle version d’après les frères Grimm, Genève, Suisse romande, 1982
Ze Beach Hotel, Olga Baillif et Marc Jeanneret, Genève, 1982
Les curieux vinrent de loin, d’après Gabriel Garcia Marquez, Genève, 1981
Le bal tragique, Eric Jeanmonod, Genève, 1981, 1982
Le Bouffron, d’après les frères Grimm, Genève, 1980
Monsieur le Parrain, d’après les frères Grimm, Genève, 1980
Cela se passait dans aucun pays particulier, d’après Brigitte Fontaine, Genève, 1979
Contes de Grimm (Raiponce, Le Bouffron, L’ouistiti, La clef d’or), d’après les frères Grimm, Genève, Suisse romande, 1978, 1979

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VIDÉOS

PRATIQUE

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Comment nous trouver ?
En transports publics
Bus 2, 4, 19, D ou tram 14 : arrêt Jonction
Traversez le pont puis empruntez le passage piéton qui passe dessous. Remontez ensuite le long de la rivière (l’Arve) jusqu’au théâtre (5 min).
Bus 11 : arrêt Queue-d’Arve
Cet arrêt est à la hauteur du chemin de la Gravière.

En voiture
Le parking le plus proche est à la patinoire des Vernets, rue Hans-Wilsdorf. Pour rejoindre le théâtre (5 min.) empruntez le sentier qui longe la rivière (l’Arve) dans le sens du courant.

Buvette
Notre buvette ouvre une heure avant chaque représentation. Sandwichs, fondants et tartes sucrées vous sont proposés ainsi que diverses boissons dont de très bonnes limonades !

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