GÉOGRAPHIE D’UN RÊVEUR DE CHEVAUX

Un mystère en deux actes

de Sam Shepard

 

Un spectacle du Théâtre du Loup
En création française

Du 28 octobre au 19 novembre 2000

Mise en scène et traduction
Dominique Noble

Avec
Vincent Bonillo : Cody
Mauro Bellucci : Beaujo
Thierry Jorand : Santee
Bernard Escalon : Le Docteur
Roland Vouilloz : Fingers
Sandro Rossetti : Le Serveur
Jérôme Chappatte : Jasper
Eric Jeanmonod : Jason

Décors et costumes
Eric Jeanmonod
Lumières
Jean-Philippe Roy assisté de Terence Prout
Environnement sonore
Jean Faravel
Réalisation vidéo
Steven Artels assisté de Camille Cottagnoud
Collaboration chorégraphique
Rossella Riccaboni
Réalisation des costumes
Mireille Dessingy et Verena Dubach
Maquillages et coiffures
Katherine Zingg
Réalisation décors, construction bois
Eric Jeanmonod
Construction métal
Atelier du Lignon
Accessoiristes
Nadia Arlaud, Miriam Kerchenbaum
Régie lumière et assistance décor
Terence Prout
Mécanique et travaux d’appoint
Michel Cavagna, Marius Durand
Accueil et secrétariat
Sibylle Monney
Administration
Philippe Clerc, Marc Piccand

Dans un motel pourri d’une ville sans nom, deux gangsters, Santee et Beaujo, retiennent prisonnier un jeune fermier, Cody. Le fermier a un don : il rêve les courses de chevaux dans l’ordre, gagnant à tous les coups. Hélas, c’est une chose terrible que d’avoir un don qui peut rapporter gros. Donc enlèvement et séquestration, et le mystérieux Fingers, le chef du gang, peut manger filets mignon et soupe à la tortue grâce au talent de son rêveur de chevaux. Mais il y a un problème. Sans problème, pas de comédie, pas de drame, donc pas de pièce. Et c’est ici que la fable de Cody prendra un tour surprenant, mettant tous les personnages dans des difficultés absurdes et hilarantes.
Dans cet univers interlope où se croisent cow-boys, gangsters et médecins bannis de l’ordre, Cody deviendra le cœur de tous les enjeux et confrontera tout le monde à l’impossibilité de rêver sur commande…

Avec ce début d’argument, Sam Shepard se lance dans une exploration étrange et ironique d’un thème qui le préoccupe : l’artiste comme visionnaire et l’exploitation dont il peut être victime.
Il écrit Géographie d’un rêveur de chevaux en 1974, à Londres, ville où il a fuit une existence devenue ingérable à New-York : une passion torride et impossible avec Patti Smith, une vie d’excès qui le voit tiraillé entre l’envie de profiter de son nouveau statut de Rimbaud de la scène théâtrale new-yorkaise et sa conscience d’une possible perte d’identité s’il cède aux sollicitations incessantes de Hollywood et Broadway. Il lui faut alors impérativement fuir pour se recentrer, se ressaisir. Ce sera Londres, avec armes et bagages. Géographie est donc une pièce d’exil. Dans ce nouveau pays, avec ses coutumes, ses règles, ses sons différents, Shepard devient particulièrement conscient de ce que signifie “être Américain”. L’écrivain fougueux et impulsif se sert de la confrontation culturelle pour faire émerger quelque chose de neuf, dans le rire et la douleur. Auprès de la culture-matrice, britannique, il distille une quintessence de l’Amérique. Sa pièce agit comme une critique du déracinement et la reconnaissance paradoxale que le déracinement produit l’art.
Géographie propose surtout un voyage déroutant dans la poétique d’un écrivain à la confluence des cultures américaines, avec ses collisions incessantes et vitales : le rock’n ‘roll et le souffle des grandes plaines, le flingue et la drogue, les Indiens et les Blancs, la tragédie du massacre des bisons et le comique des Marx Brothers.
Avec cette pièce de transition, dans laquelle il invente l’étrange réalisme mythique qui le situe comme un écrivain à part, Sam Shepard devient probablement l’auteur de théâtre américain le plus important de notre temps. 
Dominic Noble

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