LA TRISTE HISTOIRE DE MARGUERITE QUI JOUAIT
SI BIEN DU VIOLON

D’après David McKee

Du 30 avril au 17 mai 1992, Comédie de Genève

Mise en scène
Rossella Riccaboni, Eric Jeanmonod

Avec en 1992
Marie-Avril Berthet, Blaise Catala, Carla Demierre, Loucine Dessingy, Silvio Facchinotti, Eléonore Giroud, Bill Holden, Eric Jeanmonod, Franziska Kahl, Katia Larvego-Ringger, Nicolas Maret, Tania Maret, Dylan Perrenoud, Lola Riccaboni, Sandro Rossetti, Isaline Ruatta-Egger, Nelson Schaer, Elodie de Weck

En 1995
Gabriel Bonnefoy, Manuel Cohen, Malena Demierre, Pauline François, Perrette Gonet, Fabrice Hagmann, Bill Holden, Eric Jeanmonod, Franziska Kahl, Fanny Laemmel, Maude Lançon, Cornélia Matteüs, Chiaki Nakajo, Alice Rey-Berthet, Lola Riccaboni, Sandro Rossetti, Nathalie Saudan.

Musique originale et arrangements
Jacques Demierre
Décors et costumes
Eric Jeanmonod
Lumières
Jean-Philippe Roy
Réalisation des décors et des masques
Nadia Arlaud, Marie Baillif, Oscar Baillif, Brigitte Crittin, Claude-Marius Durand, Rossella Riccaboni
Réalisation des costumes
Mireille Dessingy, Verena Dubach
Marionnettes
Katia Larvego-Ringger
Régie lumière
Claude-Marius Durand
Régie coulisse
Virginie Salamin-Giroud
Régie
Guillaume Arlaud
Coordination
Dominique Reichel

Sacré David McKee ! Voilà une histoire où il s’agit de pleurs du début la fin – ou presque – et où l’on rit à toutes les pages. Si notre destinée nous conduit à travers une vallée de larmes, mieux vaut prendre le chemin avec quelque humour, anglais de préférence, semble vouloir dire le narrateur. Et cette fable n’a rien d’abstrait : elle est fantastiquement dessinée par l’auteur himself, foisonnante de détails, de paysages et lieux différents, de personnages expressifs jusqu’au dixième rang de la foule.
Et si David McKee s’amuse avec ce scénario-paradoxe, son dessin n’est pas moins ludique : des perspectives étonnantes, qui sautent aux yeux, ou alors des petits détails dans les coins qui n’apparaissent parfois qu’à la suite d’une certaine observation. Après plusieurs lectures j’étais de plus en plus intrigué par la forte présence du lion dans cette histoire : un personnage s’appelle Mme Léonie, un bateau le « Lyon », l’héroïne a affaire aux lions du zoo et de la jungle… Cela faisait beaucoup.
J’ai fini par découvrir avec jubilation qu’à chaque page illustrée du livre (une vingtaine), on trouve un lion, sous toutes les formes et parfois bien caché, dans un bas-relief ou sur un poudrier au fond d’un sac à main…
Sacré McKee. J’étais aux anges. Ce clin d’œil à l’esprit du jeu, cette pinte de malice, les enfants ne s’y trompent pas et au Théâtre du Loup, ça se boit comme du petit lait.
Mais ce coup de foudre représentait un certain challenge. D’abord la musique « qui fait pleurer le monde entier », ce n’est pas vraiment une sinécure question réalisation. L’auteur, lui, l’évoque en quelques mots, le lecteur l’imagine et fait volontiers tout le boulot, mais le compositeur d’une musique de scène doit bien la concrétiser, et les spectateurs, l’entendre… Jacques Demierre, qui n’en est pas à son coup d’essai a relevé le défi.
Côté visuel, la richesse graphique de l’original devait trouver un équivalent formel dans le spectacle.
Aidé par une petite équipe de plasticiens, nous avons pris un parti très pictural et voulu que les supports de l’image (décors construits, toiles, costumes) évoquent par eux-mêmes le dessin et la peinture : ils sont, contre toute logique de fabrication, en carton et en papier.
Dans le traitement de la couleur nous n’avons pas suivi l’auteur et ses tons pastel. Nous voulions une gamme plus musclée, fauve et audacieuse comme le récit.
Si ce dernier se passe aujourd’hui, avec des personnages de tous les jours, cette transposition picturale, comme les masques ou les marionnettes, renvoient tout de même à l’imaginaire. Scénographiquement deux castelets à étages et mobiles, ainsi qu’un petit tréteau permettent les très nombreux changements de lieu et le foisonnement est créé par les quelque cinquante personnages de toutes tailles qui évoluent dans cet espace plutôt exigu.
Chez ce sacré McKee, comme dans la vraie vie, il y a beaucoup à observer, quitte à n’avoir pas toujours le temps de tout voir.
Eric Jeanmonod

Cette version de La triste histoire de Marguerite qui jouait si bien du violon, sera reprise fin 1992 :
Genève, Salle des Eaux-Vives, 3-15 octobre 1992
La Chaux-de-Fonds, TPR, 28-31 octobre 1992

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