LE GÉANT DE ZÉRALDA
et autres histoires

Le géant de Zeralda
Pas de baiser pour Maman
La grosse bête de Monsieur Racine

de Tomi Ungerer
D’après le texte français d’ A. Chagot
Spectacle tout public, dès 7 ans

Une création du Théâtre du Loup

Du 26 septembre au 16 octobre 1999

reprise du 15 mars au 2 avril 2000

Mise en scène
Eric Jeanmonod et le collectif du Loup

Avec
Balthazar Boisseau
Perrette Gonet
Doris Ittig
Eric Jeanmonod
Claude Jordan
Rossella Riccaboni
Sandro Rossetti

Et les enfants
Pierre Amstutz
Iannis Blank-Jacobetty
Tania Ferreira
Fabrice Hagmann
Alyssa Hochstätter
Gabriel Bonnefoy
Cornélia Matteüs
Céline Passard
Juliette Riccaboni
Célia Zuber

Musique et arrangements
Claude Jordan, avec la collaboration de Balthazar Boisseau
Décors, masques et costumes
Eric Jeanmonod, d’après l’oeuvre de Tomi Ungerer
Lumières
Thomas Hempler
Réalisation des costumes
Isabelle Boucharlat, Michèle Drapel, Remedios Rodriguez, Laurence Imstepf (stagiaire)
Réalisation des chapeaux
Armelle Ewande
Réalisation scénique
Marius Durand, Eric Jeanmonod, Patrick Kovaliv,
Terence Prout, Rossella Riccaboni
Assistance masques et accessoires
Nadia Arlaud et Patrick Brunet
Perruques et maquillages
Catherine Zingg
Régie lumière
Marius Durand
Habilleuse
Sophie Watzlawick
Administration
Philippe Clerc
Accueil
Sibylle Monney

Remerciements
La Comédie, Grand Théâtre de Genève, Le Poche, Théâtre de Vidy, M. Bochatay

Pour adultes et enfants seulement »… titrait récemment le quotidien Libération dans un article consacré à Tomi Ungerer. C’est un titre dont nous sommes particulièrement jaloux au Théâtre du Loup, tant il correspond aux objectifs d’un spectacle comme celui-ci : raconter des histoires aux enfants, qui fassent aussi le bonheur des « grands ».
Les trois histoires choisies ont pour héros des personnages de tous âges -fillette, adolescent, grand-père- de forme humaine, animale ou les deux à la fois. Elles se déclinent en couleur aussi bien qu’en noir et blanc, et se situent à des époques aussi différentes que le moyen-âge, le début du siècle ou les années 50…. Nous les avons réunies pour donner à voir plusieurs facettes de l’univers de cet auteur, le fil rouge étant précisément la fantaisie, l’humour, l’humanisme de Tomi Ungerer lui-même, à qui nous voulons rendre hommage.
Un hommage sincère mais assez peu sérieux pour être apprécié par tous les sales gamins d’Alsace et de Lorraine, de la Jonction ou des Pâquis.
Eric Jeanmonod

Tomi Ungerer
Les meilleurs créateurs de livres pour enfants sont ceux qui savent leur parler d’égal à égal. Tomi Ungerer en est un exemple parfait. Après avoir créé de nombreux livres pour enfants dont certains sont devenus des classiques, il a reçu en 1998 le prix le plus important dans ce domaine, le Prix Hans-Christian Andersen.
Né en 1931 à Strasbourg, Jean Thomas Ungerer perd à l’âge de trois ans son père, directeur de l’usine familiale d’horloges monumentales, et est élevé par sa mère, son frère et ses deux soeurs, bien plus âgés que lui. A l’école, il reçoit successivement l’enseignement de professeurs français, allemands et à nouveau français, apprenant ainsi rapidement la relativité de toute chose (à cet égard, il faut lire absolument « A la guerre comme à la guerre : dessins et souvenirs d’enfance », Strasbourg, 1991).
« J’étais le chouchou chéri de ma mère, son répertoire de cajoleries me plongeait dans le plus grand embarras » écrit l’auteur de Pas de baiser pour maman, l’histoire d’un jeune chat en pleine crise d’adolescence, « dégoûté par la salive des baisers maternels qui laissent sur ses joues des baves d’escargot ». Et qui pourrait oublier l’image du garçon-chat assis sur les WC, plongé dans la lecture de la BD « Ratman » et qui brosse consciencieusement, au lieu de ses dents, le bord du lavabo.
La mère de Tomi lui témoigne non seulement un amour maternel aveugle, mais elle adore aussi les plaisanteries. La grosse bête de Monsieur Racinen’est-elle pas l’histoire d’une farce, d’un tour génial joué aux adultes ? Petite fille, maman Ungerer avait servi un plat de crottes de lapin saupoudrées de sucre, aux dames qui venaient prendre le thé chez sa mère.
Les livres d’Ungerer – les livres pour adultes aussi bien que ceux destinés aux enfants – sont pleins de détails, souvent incongrus. Le plus fameux dans Monsieur Racine est le vagabond qui porte dans son baluchon un pied ensanglanté. Les jardinières d’enfants en sont horrifiées, les enfants ravis et Tomi rit de son rire de loup. L’explication qu’il en donne est d’une logique désarmante : « Un vagabond se tape beaucoup de kilomètres, et c’est évident qu’il lui faut un pied de rechange ».

Le géant de Zéralda enfin, s’est révélé être un livre prophétique. C’est l’histoire d’une fillette qui séduit un ogre immobilisé par une chute. Excellente cuisinière, elle convertit le mangeur d’enfants en gastronome et en père de famille. Ce livre est publié en 1967 et trois ans plus tard, l’ogre Tomi rencontre dans le métro de New-York la belle et douce Yvonne Wright qu’il épouse l’année suivante. Ils quittent alors New-York pour fonder une ferme autonome au Canada (malheureusement Nos années de boucherie, le livre magistral qui relate leurs aventures au bout du monde n’est pour le moment pas disponible).
En 1976, Yvonne et Tomi Ungerer s’installent dans une ferme en Irlande du Sud où naissent, au milieu de deux cents moutons, Aria, Pascal et Lukas. C’est d’ailleurs avec beaucoup de fierté que Tomi Ungerer raconte les tours que ses enfants lui jouent. Et pour avoir une idée de l’idylle familiale à la Ungerer, il vous suffit de regarder la dernière page du Géant de Zéralda.

Thomas Bodmer (Avec un grand merci à Lucienne Droz)

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