LE GRAND FEU D’ARTIFICE

Kabaret Karl Valentin
Traduction française de Jean Jourdheuil
et Jean-Louis Besson

Une création du Théâtre du Loup

Du 29 avril au 21 mai 2006

Mise en scène, scénographie, costumes
Eric Jeanmonod

Avec
Nathalie Boulin,
Rossella Riccaboni,
Raùl Esmerode,
Fabrice Hagmann,
Thierry Jorand,
Lee Maddeford,
Sandro Rossetti,
Christian Scheidt
et la participation de
Leah Babel,
Sibylle Monney
Lola Riccaboni

Assistance à la mise en scène
Thierry Jorand
Musique et arrangements
Raùl Esmerode et Lee Maddeford
Univers sonore
Simon Aeschimann
Lumières
Jean-Philippe Roy
Assistance aux lumières
Michel Guibentif
Réalisation des costumes
Mireille Dessingy et Verena Dubach
Construction, technique et régies
Leah Babel, Michel Guibentif, Eric Jeanmonod et Toche
Effets spéciaux
Salamandra
Peinture des toiles
Sylvia Faleni
Accessoires
Miriam Kerchenbaum
Perruques et coiffures
Katrin Zingg
Relations presse
Célia Reverdin
Accueil et secrétariat
Isabelle Sbrissa
Administration
Corinne Müller

Accueil glamour-canaille, orchestre, petites tables en bord de piste… Dans un Théâtre du Loup transformé en grand cabaret, vous êtes conviés à une soirée ludique en compagnie d’un prince de l’humour décalé des années 20-30.
Les sketches de Karl Valentin sont de vraies petites scènes de théâtre, avec parfois de nombreux personnages et des situations où règnent le cocasse, l’absurde, le caustique… Certaines ont fait le tour du monde comme la fameuse Sortie au théâtre, d’autres sont très rarement montées – notamment pour des raisons techniques – tel ce très bucolique Feu d’artifice que nous nous réjouissons d’allumer.
Un auteur à découvrir ou à redéguster sans modération.

Menuisier de formation, K. Valentin (1882-1948) aura sa vie durant brûlé les planches des cabarets de sa ville de Munich, et d’autres métropoles de l’Allemagne des deux guerres.
Ses origines modestes se retrouvent dans les personnages et les situations qu’il crée, toujours en référence au quotidien, avec un sens de l’observation aigu et un point de vue critique original qui n’épargnent personne.
Musicien et acteur dans tous ses sketchs, il adore jouer lui-même les maris tête-à-claque, les pères alcooliques, les prolos emmerdeurs…
Cette façon de rire de soi-même est bien le signe d’une grande humanité doublée d’une modestie certaine. C’est cette humilité qui nous touche le plus chez cet artiste qui se considérait comme un “chanteur populaire, rien de plus”. 
Entre les deux guerres, sa popularité était bien établie, aussi bien chez les fêtards de l’Oktoberfest que parmi l’intelligentsia de l’époque, Bertolt Brecht en tête.
Par contre avec le nazisme au pouvoir, on ne rit plus vraiment : Karl Valentin voit un de ses films, puis une pièce interdits. Il se met à situer ses histoires au Moyen-Age pour échapper à la censure. Au début des années 40 son comique ne fait plus rire et il meurt quasiment oublié à l’âge de 66 ans, la veille du Mardi-Gras de 1948.
Mais les sketchs mémorables qui lui ont survécu semblent nous dire “les nuages peuvent passer, le public sera toujours là”. 
Vive Karl Valentin !
E.J.

Critique
Depuis vingt-cinq ans qu’il opère en terres genevoises à destination de tous les publics, le Théâtre du Loup a prouvé qu’il avait l’âme facétieuse. Et suffisamment de ressort visuel pour rebondir au niveau des grands du rire universel. Pour preuve l’heureux sort dramatique que le collectif a déjà réservé à George Herriman (Krazy Kat) ou Raymond Queneau (Zazie dans le métro). Aujourd’hui c’est à un maître de l’humour absurde que le Loup associe son univers animé : le Munichois Karl Valentin, auteur de sketches de cabaret qui ont fait fureur entre deux guerres (…)
Comment redonner leur fraîcheur à ces histoires de (savoir-vivre, d’éducation, de gags potaches) parfois très datées ? En faisant comme Eric Jeanmonod, metteur en scène et décorateur de ce Kabaret Karl Valentin : en allumant le plateau, au propre comme au figuré, et en invitant ses acteurs à jouer la carte décontractée devant un public attablé façon cabaret. Ainsi, emmenée par trois brillants comédiens (Nathalie Boulin, Christian Scheidt et Thierry Jorand) et un trio de musiciens, la troupe du Loup enchaîne ces situations publiques et privées, où la logique est toujours détournée. Avec, parmi d’autres, cette perle surréaliste qui voit un livreur buté convaincre une bourgeoise emplumée qu’il y a bien un canari dans la cage, même si elle est vide, puisque le canari figure sur la facture (…)
Quand aux enfants, ils trouvent leur plaisir dans des sketches plus physiques où coups, blessures et pets donnent un ton très joyeux à cette cuvée. Vous avez dit allumé ?
Marie-Pierre Genecand (Le Temps)

149181-logo_le_programme