RECHERCHE ÉLÉPHANT,
SOUPLESSE EXIGÉE

D’après Russell Hoban

Spectacle tout public, conseillé de 6 à 106 ans
Création en 1990, Parc des Bastions, Genève
Reprise en 1991, Théâtre de Vidy, Lausanne
et du 25 mai au 19 juin 1994, Théâtre du Loup, Genève

Mise en scène, scénographie, masques
Eric Jeanmonod,
avec la collaboration de
Rossella Riccaboni et Sandro Rossetti

Adaptation et arrangements musicaux
Ze Fanfare du Loup Ristret Band (Simon Aeschimann, Yves Cerf, Christian Graf, Bill Holden, Sandro Rossetti)

Avec
Michel Beuchat, Yves Cerf, Christian Graf, Bill Holden, Eric Jeanmonod, Michèle L’Evêque, Katia Marquis, Juan Miguel Molina, Rossella Riccaboni, Marie-Christine Righetti, Sandro Rossetti

et les enfants
Anaïs Bircher, Gabriel Bonnefoy, Elodie De Weck, Silvio Fachinotti, Fabrice Hagmann, Fanny Laemmel, Barnabé L’Evêque, Nicolas Maret, Tania Maret, Cornélia Mateus, Camille Maulini, Gaspard Mazliah-Jaussi, Leïla Portal, Lola Riccaboni

Lumières
Michel Beuchat, avec Claude-Marius Durand et Guillaume Arlaud
Réalisation des costumes
Mireille Dessingy et Verena Dubach
Régie plateau et technique
Guillaume Arlaud et Claude-Marius Durand
Assistance masques et accessoires
Nadia Arlaud et Brigitte Crittin
Construction meubles et façades
Atelier de décors de la Ville de Genève
Administration
Dominique Reichel
Accueil
Erika Zbinden

Un titre loufoque qui traduit bien l’humour anglo-saxon de Russel Hoban, américain vivant depuis vingt ans en Angleterre et considéré comme l’un des meilleurs auteurs vivants de la littérature pour enfants.
Prenez une page blanche et dessinez-y une histoire qui raconte que l’on peut à n’importe quel âge refaire sa vie et reconquérir l’esprit de jeunesse. Voilà le pont de départ, et comme toujours au Théâtre du Loup et dans le travail d’Eric Jeanmonod qui signe la réalisation de ce spectacle craquant, il y a un goût raffiné de l’image, la priorité donnée au visuel, une manière d’aborder le théâtre comme une bande dessinée. En l’occurrence quelques troncs de bouleaux, une porte, une fenêtre, une table, un téléphone noir et un vieux ménage. (…)
Et c’est un jour de Noël, un petit Noël anglais, quiet, chez des gens tout simples. Mais voilà que la table a un pied trop court. Elle branlotte et exaspère le couple qui ne hausse pourtant jamais le ton. Et c’est à partir de cette circonstance tout à fait insignifiante, la table qui branle, que vont découler les péripéties d’une histoire délirante. Le vieux mari va abattre un arbre dans la forêt, construire une nouvelle table si solide que l’on pourrait y faire danser des éléphants, mais seule une seule table c’est trop petit, alors il en construit plusieurs et engage des éléphants au chômage, sachant danser, cuisiner, tenir la comptabilité… bref, faire marcher un nouveau restaurant que nous voyons se construire sous nos yeux. Mais finalement il faudra tout défaire et partir ailleurs car dans ce restaurant les flans caramel bougent dans les assiettes et ce n’est plus la faute des tables qui seraient bancales, mais c’est le sol qui penche.
Une jolie fable, une jolie leçon de mobilité perpétuelle que l’on peut résumer théâtralement par le principe de l’espace scénique qui n’arrête pas de se remplir, de se remplir de tables, d’éléphants gris avec des tee-shirts bariolés, de gigots et de volailles en carton-pâte, de clients qui sont une ribambelle d’enfants avec des têtes fabriquées avec des cartons de chaussures, et puis tout se vide et est emporté par un grand camion rose qui débarrasse la piste. Une scène qui se vide et se remplit, c’est le b a ba de la poésie au théâtre disait Antonin Artaud. Il faut ajouter à cette poésie le ballet humoristique et pataud réglé au quart de poil et avec élégance par Rossella Riccaboni, la musique de quatre des meilleurs de la Fanfare du Loup qui crée une ambiance anglo-black avec saxos, trompette wahwah, banjo et contrebasse, et aussi la diction franglaise du récitant qui tient le fil des images.
Vous ai-je dit qu’il n’y a pas loin de vingt-cinq personnes en piste dont quinze enfants, et que tous sont animés par la même fraîcheur, la même tendresse et la même minutie artisanale ?
Daniel Jeannet

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